Fable à réviser… (1)
19 juillet 07 at 19:20 | In Fables actuelles, |Françoise |
Ill. de Grandville pour les Fables de La Fontaine, 1ᵉʳᵉ éd. 1838, Garnier Frères, Paris
Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
— Nenni. — M’y voici donc ? — Point du tout. — M’y voilà ?
— Vous n’en approchez point. La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
— Jean de La Fontaine,
La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf, Livre I, 3, 1668
__________
N.B. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé, ou qui pourront exister, ne saurait être que fortuite.
11 commentaires »
Flux RSS des commentaires de cet article. URI de Trackback
Laisser un commentaire
Publié sur WordPress. | Theme: Pool by Borja Fernandez.
Entries and comments feeds.
Le problème c’est les bœufs, sans eux la grenouille resterait tranquille.
Commentaire par Kinka — 20 juillet 07 #
N’y a-t-il pas des « grenouilles » qui feraient de même, même si les « bœufs » n’existaient pas ?
Commentaire par Françoise — 20 juillet 07 #
Je pense comme Françoise que le problème n’est pas dans les autres — les bœufs — mais dans l’attitude de la grenouille ! D’ailleurs La Fontaine le dit bien, dans la Morale de sa fable :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
Évidemment, certains diront que si nous étions tous égaux, le problème ne se poserait pas. Mais est-ce bien certain ?
Commentaire par Gilles — 21 juillet 07 #
Plus les enfants sont jeunes, plus ils apprécient La Fontaine. Les histoires d’animaux les fascinent et leur mémoire est excellente. Apprendre les fables demeure l’un des meilleurs moyens pour exercer leur mémoire et les initier à la littérature.
Commentaire par Retour2rop — 29 juillet 07 #
« Plus les enfants sont jeunes, plus ils apprécient La Fontaine. »
Je crois que tu as raison en ce qui concerne les enfants. J’espère qu’il est toujours enseigné dans les petites classes, mais en tout cas, je le lis encore presque tous les jours, à mon âge (dans une belle édition que Françoise m’a donnée).
Commentaire par Gilles — 29 juillet 07 #
Molière et La Fontaine, seront toujours d’actualité, pour qui veut bien encore les lire.
Je ne sais pas si les enfants apprennent encore beaucoup des Fables. Comme Gilles, je l’espère.
Commentaire par Françoise — 29 juillet 07 #
Un dernier mot sur les fables de La Fontaine…
L’idéal est de les apprendre avant d’être en âge de les comprendre, car dès qu’ils en ont atteint l’âge, les enfants sont déjà trop cyniques pour apprécier les propos d’un corbeau et d’un renard, d’un loup et d’un agneau, ou d’une grenouille et d’un bœuf.
Serait-ce pour attirer l’attention des tout petits que le bon Ésope aurait choisi de faire parler les animaux, sachant que l’expérience leur expliquerait plus tard la morale de l’histoire et le sens de ses allégories animalières ?
Les fables d’Ésope et de son disciple La Fontaine sont un remède à la fois contre le cynisme et la naïveté. Elles nous rendent meilleurs et nous enseignent la tolérance. Car on ne déteste pas le renard, le lion ou même le loup. Les fables nous apprennent à les aimer en même temps que de s’en méfier. Elles déjouent la haine et transforment nos enfants en philosophes.
Commentaire par Retour2rop — 29 juillet 07 #
Pour ma part je pense que ces fables (d’Ésope ou de La Fontaine) sont avant tout une façon déguisée de dénoncer les travers et les faiblesses de hommes.
C’est une “morale” présentée de façon plaisante. La Fontaine avait écrit ses fables (dans un but éducatif), pour le fils aîné de Louis XIV, le Dauphin Louis de France, et les dernières pour le fils aîné de celui-ci, le duc de Bourgogne.
Il est souhaitable en effet que les enfants les apprennent tôt. Il faudrait aussi les relire à l’âge où on peut en comprendre toutes les subtilités. Je crains que cela ne soit pas assez souvent le cas.
Commentaire par Françoise — 29 juillet 07 #
Salut,
Avez-vous une idée sur une morale au sujet de la tolérance ? Donnez-moi une réponse au plus vite, s’il vous plaît. Merci d’avance aux personnes qui auront pris le temps de répondre.
Commentaire par Malika — 6 mai 08 #
Il faudrait savoir de quelle sorte de “morale” il s’agit. Une morale de fable ? Ou autre chose ?
En cherchant rapidement, j’ai trouvé ceci : L’Ours et la Grenouille (Mais ce n’est pas de La Fontaine). La morale est à la fin, comme il se doit.
Commentaire par Françoise — 6 mai 08 #
Une morale cynique sur la tolérance :
On peut être si tolérant que les gens en viennent à penser qu’on n’a aucune idée ferme, aucune position définie sur aucun sujet, et donc qu’on est insignifiant ou nul. Et ils n’auraient pas tort.
Commentaire par Gilles — 7 mai 08 #